Est-il possible d’installer deux disjoncteurs en série dans un tableau électrique ?

Est-il possible d’installer deux disjoncteurs en série dans un tableau électrique ?

Installer deux disjoncteurs en série dans un tableau électrique n’est habituellement pas recommandé, car cette pratique n’améliore ni la protection électrique ni la sécurité électrique de votre installation. En réalité, cette configuration peut causer des difficultés lors d’une coupure de courant et compromettre la sélectivité entre les dispositifs. Pour bien comprendre ces enjeux et respecter les normes électriques, il convient d’examiner les points suivants :

  • Les principes de la sélectivité électrique et ses conséquences pratiques.
  • Les prescriptions de la norme NF C 15-100 concernant l’organisation des disjoncteurs dans un tableau électrique.
  • Les risques liés à la mise en série de plusieurs dispositifs de protection.
  • Les cas spécifiques où une mise en série peut être justifiée, notamment pour un tableau divisionnaire.
  • La bonne structure d’un tableau électrique pour garantir un équilibre entre sécurité et confort.

Découvrons quels sont les avantages et inconvénients de placer deux disjoncteurs en série, ainsi que les solutions adaptées pour une installation électrique conforme et efficace.

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Pourquoi éviter de mettre deux disjoncteurs en série dans un tableau électrique ?

Beaucoup pensent que placer deux disjoncteurs en série double la protection électrique contre les surintensités et courts-circuits. En réalité, cela entraîne un défaut de sélectivité électrique : lorsqu’un court-circuit survient, il devient difficile voire impossible de savoir lequel des deux appareils va disjoncter en premier, et souvent les deux sautent simultanément.

Par exemple, installons un disjoncteur 20A en amont et un autre 20A en aval, sur un même circuit alimentant une dépendance. En cas de surcharge ou de court-circuit, aucun des deux ne s’interrompt avant l’autre, ce qui vous oblige à rétablir l’alimentation à deux endroits, provoquant un désagrément inutile. Cette situation complique aussi l’identification rapide du défaut et rend la maintenance plus laborieuse.

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La simplicité d’un dispositif de protection unique, correctement dimensionné aux caractéristiques du circuit électrique, évite souvent ce type de problème.

La norme NF C 15-100 et la mise en série de disjoncteurs

La norme française NF C 15-100, référence incontournable pour toute installation électrique, ne prohibe pas explicitement la mise en série de deux disjoncteurs magnéto-thermiques. Mais elle insiste sur la nécessité d’une organisation claire et sécurisée afin de faciliter l’utilisation et garantir une continuité du service.

Or, placer deux disjoncteurs identiques en série sur la même ligne est une « aberration de câblage » aux yeux des contrôleurs du Consuel. La disposition normale impose une structure différente : l’interrupteur différentiel en tête de ligne, suivi de disjoncteurs divisionnaires pour chaque circuit. Cette architecture est conçue pour restituer un sens logique de protection, où chaque dispositif joue un rôle défini et évite les doublons inutiles.

La table ci-dessous illustre cette organisation conforme aux exigences en 2026 :

Élément Fonction Position dans le tableau
Interrupteur différentiel Protection humaine contre les fuites de courant En tête de ligne, avant tout autre disjoncteur
Disjoncteurs divisionnaires Protection des circuits contre surcharges et courts-circuits Après l’interrupteur différentiel, en parallèle

Les inconvénients pratiques et les risques d’une mise en série multiple

Installer deux disjoncteurs en série multiplie les connexions et peut entraîner des échauffements nuisibles, dus à des points de résistance supplémentaire. Chaque borne ou sertissage est un potentiel point faible susceptible de provoquer arcs électriques ou micro-coupures.

Cela peut également engendrer une chute de tension non négligeable, notamment sur de longues distances. L’impédance ajoutée par les bobines magnéto-thermiques successives peut altérer légèrement la bonne réaction du disjoncteur à déclencher, nuisant à la sécurité électrique.

L’enjeu est donc d’éviter surcharge et complexité inutile, en ne gardant qu’un seul disjoncteur adapté à la section de câble et à l’appareil protégé.

Une hiérarchie indispensable des calibres

Si pour des raisons techniques une cascade en série s’avère nécessaire, par exemple pour un tableau divisionnaire dans une dépendance, il faut impérativement respecter une hiérarchie stricte des calibres :

  • Le disjoncteur amont doit avoir un calibre supérieur (exemple 32A)
  • Le disjoncteur aval doit être dimensionné en dessous (exemple 16A pour une prise)

Cela garantit la sélectivité ampèremétrique : un court-circuit à l’aval déclenche le plus petit calibre sans faire sauter l’ensemble du tableau.

Quand la mise en série de disjoncteurs est-elle justifiée ?

Le cas principal où la mise en série est non seulement tolérée mais recommandée concerne la création d’un tableau divisionnaire pour une dépendance ou une extension éloignée. Par exemple :

  • Un câble de 10 mm² tiré depuis le tableau principal de la maison, protégé par un disjoncteur 40A.
  • À l’arrivée dans la dépendance, un petit tableau armé de disjoncteurs 16A et 10A protège les circuits et points d’usage.

Cette organisation respecte la sélectivité et facilite la gestion des défauts locaux, sans désactiver toute l’alimentation générale.

Par ailleurs, pour certains équipements spécifiques comme une pompe à chaleur, il n’est pas nécessaire de doubler les protections sur la même ligne. Le remplacement du disjoncteur classique par un disjoncteur « courbe D » est une solution technique qui accompagne la pointe de courant au démarrage, sans provoquer de coupure intempestive.

Comment structurer correctement son tableau électrique pour une protection fiable ?

Pour assurer à la fois confort d’usage et sécurité dans votre installation, la structure idéale est la suivante :

  1. Un interrupteur différentiel 30mA en tête de ligne, pour protéger les personnes contre les défauts d’isolement.
  2. Des disjoncteurs divisionnaires adaptés à chaque circuit placé en aval en parallèle.
  3. Un calibre de disjoncteur choisi en fonction de la section du câble et de la puissance des appareils.

Ce schéma simple garantit la conformité à la norme NF C 15-100 et optimise la sécurité électrique de votre logement. Vous éviterez ainsi des incidents comme le scintillement de la lumière, qui peut alerter d’un problème, dont vous apprendrez plus en consultant cet article sur les signaux d’alerte électrique.

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